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Classiq Rock

Yes, comme en 1972

Avec le maousse coffret de quatorze (!) cd “Progeny : Seven Shows From Seventy-Two” et sa version double cd/triple vinyle “Highlights From Seventy-Two”, difficile de résister à la tentation de retourner quarante-trois ans en arrière pour se plonger dans les méandres du prog rock façon Yes.

YES Pochette.jpgAutant vous l’avouer : votre bon vieux Doc n’a pas eu le courage – ni les moyens et ni même, il faut bien l’avouer, l’envie… – de se plonger dans le coffret de quatorze cd : quand on aime on ne compte pas dit-on, mais malgré tout, les journées n’ont que vingt-quatre heures et mon compte en banque n’est pas localisé en Suisse. Cela dit, une gentille attachée de presse nous a tout de même envoyé la version double cd de cette somme de trésors live vintage. Ce qui suffit largement à notre bonheur.
Vous aviez déjà “Yessongs” ? Nous aussi. Il vous arrive parfois d’écouter “Yesshows” ?! Nous aussi… Alors “Highlights From Seventy-Two” devrait vous ravir. [« Seventy-Two” fait référence à l’année d’enregistrement du disque et pas à l’âge moyen des musiciens, NDR.] Certes, le grand Bill Bruford venait de plaquer ses amis pour s’en aller faire danser ses fûts avec King Crimson (pour en savoir plus, on lira son épatante autobiographie, Yes, King Crimson, Erathworks et le reste, éd. Le Mot et le Reste), mais Alan White le remplaça au pied levé, apprennant en quelques jours le répertoire du groupe – most impressive, indeed. Il faut dire que la perspective de jouer avec Yes en 1972 était des plus excitantes pour un batteur sans groupe fixe : non seulement les Yes Boys étaient à l’un des sommets de leur art (le premier, donc, mais pas le dernier), mais ce devait être, comme on dit, un good gig (ie. bien payé). Constat : Alan White, 23 ans à l’époque mais déjà fort expérimenté, s‘en tire avec les honneurs, même si le groove et le son inimitables de Bill Bruford nous manquent.

Sans surprise, le répertoire est majoritairement extrait des inoxydables classiq albums de Yes, “The Yes Album”, “Roundabout” et “Close To The Edge”. Jon Anderson, le Hobbit en chanteur, est en voix, et le toujours fantastique bassiste Chris Squire* le seconde idéalement. Steve Howe, très inspiré, fait subtil étalage de sa grande culture musicale, entre rock, country, jazz et folk. Et Rick Wakeman, quand il ne se pique pas de nous infliger des extraits de ses albums solos (gasp !), ajoute la nécessaire touche épique, et parfois même groovy – si, si, écoutez Roundabout. Le son ? Un peu étouffé parfois, mais plus “naturel”, plus close to the ears que celui des opus parus dans les glorieuses seventies. Bref, largement de quoi rester baba. On recommande.

CD “Highlights From Seventy-Two” (1 double cd ou 1 triple vinyle Atlantic / Rhino / Warner Music, sortie le 25 mai)
* Il y a quelques années, j’ai entendu sur Radio Nova la bassiste Meshell Ndegeocello citer Chris Squire parmi ses bassistes favoris…