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Une soirée au château avec David Gilmour

David Gilmour

 

And then there were three : en août 1994, David Gilmour, Nick Mason et Rick Wright donnaient leur premier concert dans le jardin du Château de Chantilly sous l’appellation Pink Floyd, malgré l’absence de Roger Waters. 22 ans plus tard, Mason s’est rangé des voitures, Wrigth n’est plus et Waters a fait le Mur depuis longtemps. Reste le guitariste lunaire qui ouvre par une minute de silence dédiée aux victimes de l’attentat de Nice les 180 suivantes d’un concert sous haute sécurité, tragique actualité oblige. Trois heures divisées en deux sets distincts, le premier axé sur les extraits de Rattle That Lock, dernier album en date du discret septuagénaire, intercalé entre classiques Floydiens de Wish You Were Here et Dark Side of the Moon. Il faut trois choristes pour reproduire les loopings vocaux de Clare Torry sur « The Great Gig in the Sky » et deux claviers, Greg Phillinganes et Chuck Leavell (en RTT des Rolling Stones) pour décalquer les envolées synthétiques de Rick Wright.

David Gilmour, T-shirt noir et look barbichu de vieux loup de mer scandinave, joue la carte de la force tranquille. Chaque chorus est salué par une ovation des 25 000 courtisans du Château et un gros plan des caméras sur les doigts du soliste pour un tutoriel de guitare électrique délivré sur un écran de 20 mètres de diamètre. L’unanimité est également atteinte à l’occasion d’un sonnant et trébuchant « Money » (que Gilmour aurait pu dédicacer à Éric Woerth, le maire de Chantilly installé en tribune VIP)  et un « High Hopes » illustré, comme la plupart des titres du programme, par des séquences fantastico-oniriques donnant vie aux célèbres pochettes d’Hipgnosis, La deuxième partie du son et lumière permet ensuite à Gilmour de dérouler les tubes en hallu de Pink Floyd : un épileptique « One of These Days » accompagné par des transpositions cartoons des ballets de Roland Petit, la tétralogie stratosphérique de « Shine On You Crazy Diamond », le « Fat Old Sun » d’Atom Earth Mother, le funk industriel de « Sorrow » et « Run Like Hell », introduit par de spectaculaires échos prolongés, précèdent un rappel embriquant les montres molles de « Time », la descente lysergique de « Breathe (Reprise) » et la délivrance finale de « Comfortably Numb ». « Nous avons besoin d’égalité, de fraternité et surtout de liberté », avait déclaré David Gilmour au début d’un concert au contexte douloureux. Hier soir à Chantilly, la lune avait brillé du bon côté.

PS : il sera fortement question de Pink Floyd dans Muziq n°6. Stay tuned…

Setlist

Set 1:

  • 5 A.M.
  • Rattle That Lock
  • Faces of Stone
  • What Do You Want From Me
  • The Blue
  • The Great Gig in the Sky
  • A Boat Lies Waiting
  • Wish You Were Here
  • Money
  • In Any Tongue
  • High Hopes

Set 2:

  • One of These Days
  • Shine On You Crazy Diamond (Parts I-V)
  • Fat Old Sun
  • Coming Back to Life
  • On an Island
  • The Girl in the Yellow Dress
  • Today
  • Sorrow
  • Run Like Hell
  • Time
  • Breathe (Reprise)
  • Comfortably Numb