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Classiq Soul-Funk

Tina Turner, pour danser en privé

Avec un an de retard, Parlophone vient de publier la “30th Anniversary Edition” de l’incontournable hit record millésime 1984 de Tina Turner, “Private Dancer”.

TINA Peter Ashworth 1Commençons par le petit truc qui fâche : le livret de seize pages de ce double cd digipack, certes superbement imprimé sur du papier glacé et illustré par moult photos et autres pochettes de 45-tours et de maxi 45-tours rares de la diva. Les liner notes ont été confiées à Martyn Waren d’Heaven 17, coproducteur, en novembre 1983, de la reprise de Let’s Stay Together d’Al Green qui avait précédé de quelques mois la sortie de “Private Dancer” (fin mai 1984). Pourquoi pas ? On aurait préféré un Nathan David, mais bon, passons. (D’après Ware, la chanson la plus importante du disque est évidemment Let’s Stay Together !) David, lui, n’aurait certainement pas oublié de mentionner les musiciens, et non des moindres, qui ont contribué au disque qui a relancé la carrière de la diva Tina et dont les vertus crossover l’ont fait connaître d’un public international qui, avant 1984, n’avait quasiment jamais entendu parler d’elle. Car, hélas, les détails discographiques sont totalement absents ! Les responsables (anonymes) de cette réédition auraient au moins pu jeter un œil sur la fiche Wikipedia ! Il est vrai que des musiciens tels que Jeff Beck (qui grave deux sublimes soli sur Private Dancer et le furibard Steel Claw), Joe Sample, Leon “Ndugu” Chancler, David T. Walker, Mel Collins ou Wilton Felder ne méritent que peu de considérations…

TINA PochetteReste, fort heureusement, la musique. Dix chansons, certaines à la prod’ un peu daté, forcément – désolé cher Martyn Ware, mais les habillages synthétiques de Let’s Stay Together et de 1984, ouch… Mais que de bijoux par ailleurs, portés une voix d’une rugosité sensuelle incomparable. Comment résister à I Might Have Been Queen, I Can’t Stand The Rain (une reprise du standard soul d’Ann Peebles) et What’s Love Got To Do With It ? Sans parler du chef-d’œuvre signé Mark Knopfler, Private Dancer, ballade soul-rock entre chien et loup, où la diva Tina atteint des sommets d’émotion contrôlée (au même titre que Jeff Beck).

On se demandait si, trente un an après, la force d’attraction de “Private Dancer”, grand disque de musique populaire comme, me semble-t-il, on n’en produit plus guère de nos jours, serait toujours aussi forte. Grâce à la voix magnétique de Madame Turner, la réponse est oui. Sur le CD bonus, quinze titres plus ou moins rares (déjà présents, en grande partie, sur la première réédition remasterisée de 1997), dont une brûlante version live de Let’s Pretend We’re Married de Prince.

CD “Private Dancer – 30th Anniversaty Edition” (Parlophone / Warner Music)