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Thundercat, la griffe jazz-rock

Son rhume l’a hélas empêché de répondre aux questions des journalistes dans l’après-midi, mais le soir, à La Bellevilloise, le bassiste Thundercat avait fort heureusement retrouvé sa voix. Et comme dirait l’autre, il n’était pas venu avec une moitié de boîte de doigts. Les deux envoyés spéciaux de muziq.fr y étaient.

– Franchement, je serais curieux de savoir si tous gens ont écouté ne serait-ce qu’un seul disque de George Duke dans leur vie…
– Laisse-les vieillir un peu. Visiblement, ils ont tous l’air plus jeunes que nous !
– Certes. Mais enfin bon, ton Thundercat, là, ça sonne quand même très George Duke, non ? J’ai l’impression d’écouter “The Aura Will Prevail”…
– Tu n’aimes pas ?
– Si, si, c’est très bien. Je suis ravi qu’un public jeune redécouvre ce genre de jazz-rock mâtiné de soul… C’est un très bon bassiste, rien à dire. Il n’a pas tout à fait le niveau d’un Will Lee, d’un Neil Jason, d’un Percy Jones ou d’un Byron Miller, mais il a “quelque chose” comme on dit… Il me semble vraiment être issu de la génération dorée des grands bassistes électriques de années 1970, mais j’ai l’impression qu’il a aussi écouté en boucle les disques de Squarepusher…
– Sans doute oui. Mais avoue qu’il chante mieux que Stanley Clarke !
– Pas difficile… Mais en même temps, cette voix de tête, on y revient : c’est Duke aussi !
– Il a dû grandir en écoutant ça… Son grand frère, le batteur Ronald Bruner, a justement joué avec Clarke et Duke…
– Ah bon ?! Je ne savais pas. Ceci explique cela…
– Écoute, on ne va pas se plaindre que la musique “qui joue” revienne au goûr du jour. Si les djeunes apprécient à nouveau les vrais musiciens, moi, ça me va. Tu devrais écouter les deux disques parus sous son nom, “The Golden Age Of Apocalypse” (mon préféré) et “The Apocalypse”.
– Tu as remarqué que quand ils jamment un peu et qu’ils sortent du cadre soul-pop de certains morceaux, le gens ont l’air de moins capter…
– Ouais, c’est vrai. Tiens, regarde l’autre là, il a un t-shirt Led Zep…
– Ah oui. Pas étonnant. Le seventies, mon vieux, les seventies…
– Aaah, les seventies…

(Après quasiment deux heures de concert, Thundercat a fini par laisser une impression très forte à nos deux envoyés spéciaux, Doc Sillon et son vieux pote Peter Cato, ravis de constater que le power trio claviers-basse-batterie de ce bassiste-chanteur très créatif se révélait encore plus passionnant sur scène que sur disque.)