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The Who, pieds nus dans le Park

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À la 38ème minute de The Who Live In Hyde Park, Roger Daltrey profite de l’interlude instrumental de « Bargain » pour tourner le dos au public et contempler l’écran géant dominant la scène. Les visages tramés de Keith Moon, John Entwistle, Pete Townshend et le sien défilent en grand large. Daltrey, visiblement ému, valide d’un hochement tête le montage vidéo et, implicitement, la saga des Who avant de s’engouffrer le dernier couplet d’un extrait rarement joué du monumental Who’s Next.

The-WhoLe 26 juin dernier, quelques jours avant une mémorable date au Zénith de Paris, les Who fêtaient leur demi-siècle d’activité devant 50 000 spectateurs amassés sur la plus célèbre pelouse du Classic Rock britannique. Pas de représentation Shakespearienne ce vendredi-là à Hyde Park, mais une pièce en trois actes dont le premier offre une spectaculaire mise en place dédiée aux hits sixties. Les accords de puissance d’ « I Can’t Explain » et « My Generation » sont relayés par les harmonies de tête de « Pictures Of Lily », « The Kids Are Alright » et une rare sortie publique d’« I Can See For Miles », Anapurna psyché-garage de 67 que les Who n’avaient pas dégainé sur scène depuis la chute du Mur de Berlin. Dans les rôles principaux, Roger Daltrey, le cou de plus en plus incroyablement enfoncé dans les épaules, donne la réplique à un Pete Townshend débonnaire et un rien cabot, moulinant devant une section rythmique stellaire composée du placide – mais toujours foudroyant – Pino Palladino et de Zak Starkey, vaillant héritier de l’entreprise Starr, batteurs de père en fils.

1540-1En guise de deuxième acte – celui de « l’action » – la troupe interprète ensuite le meilleur d’un répertoire 1970 axé autour de Who’s Next et Quadrophenia (« Behind Blue Eyes », « I’m One », « Love Reign O’er Me »), sans oublier le funk belliqueux d’ « Eminence Front », tiré du peu valeureux It’s Hard (1982), mais sélection indispensable des setlists depuis le début des années 00. Le dernier acte, celui de la résolution, défile sous les couleurs opératiques-rock avec un long medley Tommy, puis s’achève sur la double-délivrance « Baba O’Riley/Won’t Get Fooled Again ». Selon les récentes déclarations de Pete Townshend, la saga des Who devrait prochainement aboutir à sa conclusion logique. Les vieux acteurs ont-ils tiré leur ultime révérence ?

The Who Live In Hyde Park (Eagle Vision/Universal). DVD, Blu-ray et coffret collector DVD/Blu-Ray/CD/livre disponibles.

PS : le générique de fin de Live In Hyde Park contient une surprise de taille plutôt Pop.