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Snarky Puppy, le triomphe de la musique

Le 8 novembre dernier, Jean-Pierre et Antoine Vidal étaient impatients de retrouver pour la seconde fois de l’année sur une scène parisienne “les” Snarky Puppy.

L’année 2015 a été riche pour Michael League et les siens, notamment marquée par la sortie du cinématique “Sylva”, suivie en mai dernier par un concert à L’Olympia qui nous avait totalement conquis. Cette fois, c’est dans une Cigale comble, comme aux plus belles heures de nos idoles jazz-rock des seventies, que nous nous retrouvons. Autour du bassiste leader Michael League, à l’enthousiasme et la décontraction toujours aussi contagieuse, une formation minimaliste se présente, composée de deux cuivres habituels, de deux claviers (Bill Laurence et Justin Stanton), de la guitare de Bob Lanzetti, de l’impressionnant arsenal de percussions de Nate Werth, et des tambours de Jason “JT” Thomas, en vacances du RH Factor de Roy Hargrove.
En première partie, toute en douceurs jonimitchelliennes, Michelle Willis, la nouvelle protégée du groupe (fraîchement signée sur le label maison Ground Up), ne fait que retarder l’échéance et, de fait, encore un peu plus monter la température…

Exit la charmante Michelle, et nos héros, puisque c’est bien de ça qu’il s’agit, investissent enfin la scène. On le pressent : Paris est une étape d’une tournée mondiale harassante, et l’heure est au seul et unique plaisir de jouer et de communiquer avec un public visiblement conquis d’avance.
Ils vont nous gratifier de leurs compositions les plus marquantes, sous forme d’un imparable best of. Toujours aussi efficace dans leur mise en place au cordeau, invariablement sous l’emprise de grooves irrésistibles et implacables nourris de funk, d’afrobeat, de brésil et de jazz, la machine Snarky va tourner à plein régime pour un set ébouriffant, dénué de temps mort, et propulsé par l’incroyable puissance du batteur Jason “JT” Thomas. Bill Laurance, délaissant ses effets romantico-acoustiques, se concentre sur son Fender Rhodes en rythmiques et solos foudroyants.

Un seul et unique nouveau titre, à forte inspiration Headhunters, propulsé par une sinusoïdale et formidable ligne de basse de Michael League, se glisse au beau milieu du set. Justin Stanton, aussi à l’aise à la trompette que sur son Moog, nous fait vite oublier l’absence de Cory Henry pour un Sleeper épique. Le sol de la Cigale se met alors à irrésistiblement trembler de bonheur, portant littéralement le groupe vers une étourdissante communion avec le public.
Michael League, hilare, prend juste le temps de nous annoncer l’imminente sortie de “Family Diner Vol. 2”, suivie de l’enregistrement d’un nouvel album, et le concert s’achève comme il avait commencé. Implacable d’efficacité, cet impressionnant et inaltérable duo/duel de percussions et batterie nous renvoie là encore aux grandes heures des formations vintage de Billy Cobham ou des Brecker brothers. Le déjà mythique Shofukan, scandé a capella par une Cigale surchauffée, est le point d’orgue d’un double rappel qui nous laisse physiquement éreinté et frissonnant de plaisir. Dans le hall de La Cigale, qui lentement se vide, Michael League nous confiera encore son émoi d’une si belle communion avec son public parisien, avant de rapidement passer par le Caveau des Oubliettes et de s’envoler vers d’autres horizons. Vivement 2016.

NDLR : Ce compte-rendu d’Antoine et de Jean-Pierre Vidal a été rédigé avant les événements tragiques du 13 novembre.