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Snarky Puppy, Julien Lourau, La Villette, le groove

Snarky Puppy aime Paris et Paris le lui rend bien. En cette douce soirée de fin d’été, Michael League fait les cents pas, toujours aussi étonné, sans doute, par l’incroyable file d’attente qui s’étire lentement sur le parvis de la Grande Halle de La Villette…

A l’intérieur, c’est déjà plein à craquer, on imagine déjà l’accueil que le groupe va recevoir ! En attendant, La Villette se chauffe avec le réjouissant retour de Julien Lourau et son nouveau gang. Formation à l’éclectisme emballant, The Groove Retrievers, puisque c’est leur nom, est une véritable machine de feu dont la fusion afro-latine s’avère en tout point irrésistible. Voici un combo à la musicalité rare, au groove tout en couleurs et finesse, où la présence solaire de Mélissa Lavaux électrise le groupe de ses intonations créole/soul. A ce mélange totalement réussi de musiciens de toutes les générations et de tous horizons (Robert Mitchell au piano, Felipe Cabrera à la basse…), La Villette a réservé un accueil chaleureux, à la hauteur de la haute tenue du groupe du saxophoniste, visiblement heureux. C’est d’ores et déjà la bonne nouvelle de cette soirée, et l’on souhaite à cette nouvelle formation un bel avenir. Scénique et, si possible, discographique.

L’omniprésent, éclectique et talentueux Ambrose Akinmusire sur la scène de Jazz à La Villette, trois jours avant son concert aux côtés d’Archie Shepp

L’omniprésent, éclectique et talentueux Ambrose Akinmusire sur la scène de Jazz à La Villette, trois jours avant son concert aux côtés d’Archie Shepp

Les Snarky Puppy investissent la scène dans leur formation habituelle, qui semble se stabiliser autour du groovissime batteur JT Thomas, comme du trio de claviers composé de Bill Laurence, Justin Stanton et de l’incontournable Cory Henry. Le set démarre avec quelques titres du dernier album en date, “Culcha Vulcha”, qu’une partie du public semble découvrir. L’énorme efficacité live du groupe prend alors toute son ampleur et transcende un répertoire que l’enregistrement studio ne révélait que partiellement. C’est la très bonne surprise du concert, confirmant à quel point Snarky Puppy, via les arrangements au cordeau de son leader de bassiste, donne sa pleine puissance sur scène.

La seconde partie du set, plus prévisible pourtant, plonge La Villette en joie. Lingus, est bien sûr le prétexte à la mise en scène de l’irrésistible solo de Cory Henry qui privilégie, une fois n’est pas coutume, le son d’un Fender Rhodes au détriment du Moog. Shudokan clôt le set, porté par les chants enthousiastes d’un public conquis. On quitte la Grande Halle avec le sentiment que le groupe confirme par étapes une dimension toujours plus ample. Parions néanmoins que Michael League et sa bande sauront continuer à évoluer et nous surprendre… L’apparition aussi inattendue que fulgurante du trompettiste Ambrose Akinmusire (photo) pour un solo de toute beauté au beau milieu du set démontre que la nouvelle génération qui fait ces musiques que l’on nomme jazz, n’instaure décidément aucune barrière. •