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Rush, les premiers adieux ?

En juin dernier, l’un des plus célèbres power trios de l’histoire du rock a donné à Toronto, sa hometown, ce qui risque bien d’être son ultime concert. Filmé avec d’énormes moyens techniques, il vient d’être publié en combo cd/dvd sous le titre de “R40 Live”.

Longtemps, les fans français de Rush ont voué un culte aussi fervent que discret à leur groupe de rock progressif favori. C’était toujours à demi-mots qu’on partageait – entre amis sûrs… – les impressions fortes ressenties à l’écoute de “2112”, “A Farewell To Kings”, “Hemispheres”, “Moving Pictures” ou “Grace Under Pressure”. Pink Floyd, Yes, Genesis, King Crimson, Camel et Gentle Giant étaient (plus ou moins) tolérés par la Police du Rock, mais pas Rush, surtout pas Rush. Rush était un secret bien gardé, un groupe qui ne passait jamais en France – ils n’y ont joué qu’une fois à Paris, en 1992 –, et dont les disques n’étaient évidemment jamais chroniqués dans les rares revues rock qui nous servaient de guides – mais sans doute valait-il mieux…

RUSH PochetteAujourd’hui, Rush n’est toujours pas (re)connu dans nos contrées, mais son image a changé. Des nombreux artistes américains ont fait leur coming out et avoué leur fascination pour ce groupe unique (Trent Reznor, Meshell Ndegeocello et Vernon Reid, pour n’en citer que quelques-uns, sont tous fans), certes influencé à ses débuts par Cream Led Zeppelin et King Crimson, mais qui, somme toute, a su rapidement se forger un son unique. On peut ne pas aimer la voix gonflée à l’hélium de Geddy Lee (quelque part entre celles de Jon Anderson et de Robert Plant), mais comment ne pas saluer ses talents de bassiste ? On peut, certes, être moins ému par les textes de Neil Peart que par ceux de Joni Mitchell (pour rester au Canada…), mais difficile de ne pas saluer sa virtuosité tentaculaire deriière les fûts. Quant à Alex Lifeson, il incarne le chaînon manquant entre Jimmy Page et Andy Summers, avec un soupçon de Robert Fripp de ci de là. (On a entendu pire.)

“R40 Live” s’ajoute à la déjà longue liste des albums live du groupe. Et s’il n’a pas la saveur historique de “All The World’s A Stage” ou de “Exit… Stage Left”, ni la folie contagieuse de “Rush In Rio” ou la perfection technique de “Snakes And Arrows”, il sert, encore une fois – une dernière fois ? – de “best of” idéal, d’excellent sésame pour entrer dans l’univers du groupe. Et comment, enfin, ne pas distinguer l’humour et le sens de l’auro-dérision de ces trois musiciens, anti-stars nées ? Ne manquez pas les clips d’intro et de conclusion !

CD/DVD “R40 Live” (Anthem / Universal)