Muziq, le site qui aime les mêmes musiques que vous
Live Muziq

Quincy Jones et son monde merveilleux à Montreux

MJF_20160708_STRAV_QuincyJones_LionelFlusin_76

De plus en plus stupéfiante, la logique de programmation du Montreux Jazz Festival, au lendemain de la première partie de Charles Bradley assurée par Van Morrison nous proposait hier soir le concert All-Stars de Quincy Jones en ouverture de… Simply Red ! L’auditorium Stravinski est encore en cours de remplissage lorsque Q, le MC débonnaire de cet opening act opulent et 100% montreusien, présente le big band de Pepe Lienhard, accompagnateur en son temps de Frank Sinatra, Sammy Davis,Jr. et autres constellations du music-hall cinq étoiles. Jon Batiste, le premier invité de la soirée, propose une relecture en piano solo de « What a Wonderful World » à mi-chemin entre la virtuosité et le burlesque avant de laisser le bon temps rouler au Hammond B-3 sous les cuivres rutilants de l’orchestre. Place à Al Jarreau pour « Midnight Sun ». La voix est fragile, l’équilibre incertain mais les écarts restent d’une ampleur miraculeuse. Standing ovation (et quelques mouchoirs degainés dans l’assemblée avant l’entrée en scène de Patti Austin  » rencontrée avant l’invention de l’électricité « , blague Quincy avant de s’incliner devant les interprétations sans faille d' »If You Can’t Sing It » d’Ella Fitzgerald et d’un captivant « I’m Beginning to See the Light » d’après l’arrangement de Vince Mendoza.

Ce fulgurant démarrage en fanfare swing retrograde par la suite avec les interventions successives de Rashida Jones, Grace et Mick Hucknall dans un registre variétal néanmoins apprécié par l’assistance – Simply Red joue derrière, remember. Heureusement, Jacob Collier, le benjamin prodige du programme, funkyfie le set au bon moment avec sa revisitation enthousiaste d' » I Wish ». « J’ai écrit ce thème en quinze minutes en 1962. 35 ans plus tard, il est devenu le thème d’Austin Powers. Allez comprendre… « , s’amuse ensuite Quincy Jones avant de diriger à la baguette un exubérant  » Soul Bossa Nova ». À l’issue de cette performance flamboyante, Quincy hérite de son portrait désigné par Giovanni Riva, l’affichiste de l’édition des 50 ans du Montreux Jazz Festival. Le dernier scat pour Al Jarreau, bras sur l’épaule de Maître Q : « Je t’aime beaucoup Montreux. I love you, yes I do. »

MJF_20160708_STRAV_QuincyJones_LionelFlusin_85

MJF_20160708_STRAV_QuincyJones_LionelFlusin_28

Al Jarreau

MJF_20160708_STRAV_QuincyJones_LionelFlusin_65

Jacob Collier

Photos : Lionel Flusin.