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Classiq Rock

Phil Collins : “Hello, I must be going… back !”

Le grand batteur prog anglais devenu pop star dans les années 1980 continue son programme de rééditions. Après “Face Value” et “Both Sides”, voici “Dance Into The Light” et, surtout, “Hello, I Must Be Going !”, l’autre classic album de sa foisonnante discographie.

Le 5 juillet 1966, à Hitsville U.S.A., Detroit, Diana Ross, Mary Wilson et Florence Ballard, alias The Supremes, enregistrent You Can’t Hurry Love. Le 45-tours est publié dans la foulée par Motown et grimpe en quelques semaines au sommet des hit-parades états-uniens. De l’autre côté de l’Atlantique, en Angleterre, You Can’t Hurry Love se classe également dans le Top 5.

Au Phil du temps : la pochette originale de 1982 et son remake de 2016 : si senior !

Au Phil du temps : la pochette originale de 1982 et son remake de 2016 : si senior !

Seize ans et quelques révolutions musicales plus tard, You Can’t Hurry Love monte encore plus haut (n° 1 !) dans les charts britons : la cover version de Phil Collins passe en boucle sur toutes les radios, et toute une nouvelle génération d’ados découvre cette merveilleuse frandise d’amour soul.
Mine de rien, cette reprise très – trop ? – respectueuse de l’originale anticipe de quelques lustres la vague revivaliste des années 2000, marquée par cette curieuse – quoique compréhensible – quête de ces sons d’époque devenus entre temps vintage.

Reste que cette reprise futée n’est pas le titre le plus palpitant d’“Hello, I Must Be Going !”, qui vient d’être réédité et – superbement – remasterisé en 2 CD Deluxe Edition. Coproduit avec l’ingénieur du son Hugh Padgham, il fut le digne successeur de “Face Value” (lire ici), un follow up un rien plus lumineux et catchy qui s’équilibrait peu ou prou de la même manière entre pop songs légères (la gouailleuse Like China, la soyeuse Don’t Let Him Steal Your Heart Away) et parfois plus sombres, entre chien et loup (l’atmosphérique et gentiment perverse Thru These Walls, les hypnotiques Do You Know, Do You Care et I Don’t Care Anymore et leur délicieux drum fills faits maison, indélébile marque de fabrique collinsienne).
COLLINS Hello Brand XQuant à l’instrumental The West Side, il flattait les tympans de ceux qui, la même année, avaient acheté “Is There Anything About ?”, l’ultime album de Brand X featuring Philou aux drums. (Rappelons également que Mister P.C., toujours en 1982, avait réalisé son rêve de jeunesse : faire son John Bonham aux côtés de Robert Plant dans “Pictures At Eleven”, son premier album solo.)

Le CD bonus contient son lot d’inédits live et deux démos (Don’t Let Him Steal Your Heart Away, bof bof, et Oddball, futur Do You Know, Do You Care, plus intéressante), mais on aurait aimé qu’à la place des brefs commentaires persos de Mr. Collins (certes teintés de cet inimitable humour anglais), le Phil de la conversation ne soit pas rompu si vite. En outre, l’absence de détails discographiques surprend de la part d’un artiste aussi attaché à la valeur musicale de ses sidemen. Tout cela ne gâche cependant pas le plaisir de réécouter “Hello, I Must Be Going”, enfin publié comme il se doit, et plus délectable que jamais – vous pouvez jeter votre vieux cd boîtier cristal des late eighties : il ne vaut plus un clou.

CD “Hello, I Must Be Going ! –  2 Cd Deluxe Edition” (Atlantic /Warner Music)