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Peter Schwalm, l’opéra cybernétique

Publié par le label transgenre Rare Noise, le nouveau disque de J. Peter Schwalm dessine un univer techno-futuriste.

De “Twinscapes” au récent “Machine Language”, tous deux chroniqués dans Jazz Magazine, le label Rare Noise outrepasse les frontières stylistiques communément admises et met l’accent sur les rencontres inédites et projets que personne n’a vu venir – un inattendu quartette de Roswell Rudd, Jamie Saft, Trevor Dunn et Balazs Pandi sortira le même jour que le disque d’electro-ambient progressif de J. Peter Schwalm qui nous intéresse aujourd’hui. Si le catalogue fait la part belle au jazz core et autre free rock, les horizons électro-contemporains n’ont pas été ignorés : l’album d’Indigo Mist (du trompettiste Cuong Vu) et celui de Spin Marvel (featuring Nils Petter Molvaer) en attestent. On constate donc la poursuite d’une ligne esthétique cohérente, la maison britannique se dotant, parution après parution, d’une vraie identité.

SCHWALM PochetteOn n’est donc pas surpris d’y trouver aujourd’hui le compositeur allemand J. Peter Schwalm, collaborateur de Brian Eno et comme lui orfèvre de sons qu’il peaufine amoureusement dans son antre bardé de machines. Il signe un album maîtrisé et séduisant, pour lequel il a convié quelques instrumentistes disponibles à toutes les expériences. Citons Eivind Aarset, Martin France et même Michael Wöllny – à l’harmonium sur Stille, Blitz und Donner. Dans le genre, on n’a pas fait mieux depuis “Spinner” de Jah Wobble et Eno ou la série des “Divination” dans les années 1990.

Chaque écoute révèle de nouvelles strates dans le raffinement sonore. Se dessine un univers techno-futuriste, nocturne et feutré, où l’omniprésence des robots n’a pas totalement effacé les traces d’humanité. Nul besoin d’une intrigue ou d’un scénario pour que cette musique fasse naître des images et situations dans l’esprit de l’auditeur. Cordes et claviers molletonneux, bulles rythmiques sourdes, climats cristallins et lancinants savamment orchestrés font de “The Beauty Of Disaster” un impressionnant opéra cybernétique.

CD ou LP J. Peter Schwalm : “The Beauty Of Disaster” (Rare Noise, sortie le 26/2)
NET rarenoiserecords.com