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L’être est Élise

Avec “Orchestrales”, la chanteuse Élise Caron élève son art dans des régions fréquentées par bien peu de ses consœurs.

CARON PochetteAvant de s’en aller écouter des artistes comme on les aime dans un festival comme on les aime (Vague de Jazz, douzième édition), on écoute “Orchestrales”, le nouveau disque d’Élise Caron, enregistré avec Las Malenas (deux violons, un violoncelle, une contrebasse, un piano, un bandonéon) fin novembre 2016 au Triton (Les Lilas), quelques jours après le 13, quand les ténèbres commencèrent de tomber sur notre monde. En attendant que se dissipent ces nuages noirs qui ternissent nos pensées (il faut toujours espoir garder), Élise Caron jette une lumière salutaire sur nos humeurs sombres, même si – ah !, comme les artistes sont visionnaires – elle chante ceci dans Le Tournerond : « Ça y est c’est gagné, le monde enfin s’est embrasé. » Ses quatorze chansons, arrangées par un aréopage de bienfaiteurs des sons sensuels (Denis Chouillet, Thomas de Pourquery, Andy Emler…) sont autant de petits miracles de poésie piquante, des concentrés de spleen qui font du bien à la tête ; elles nous emmènent dans d’autres mondes, peuplés d’enfants bientôt centenaires, d’étoiles qui hurlent à la lune, de femmes de méninges (qui rappent) et de chars étincelants tirés par quatre cheveux blancs. Rien que ça.

CD  “Orchestrales” (Le Triton / L’Autre Distribution)