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Classiq Jazz

Lee Ritenour, deux Rit de passage

Le label anglais Robinsongs vient de rééditer “Rit” et “Rit 2”, deux opus pop du célèbre guitariste de jazz américain.

RITENOUR PhotoLee Ritenour, on en parlait il y a peu ici pour rappeler quel superbe styliste de la fusion soft il fut dans la deuxième moitié des années 1970. Mais à l’orée de la décennie suivante, ce guitariste virtuose chercha – momentanément – son inspiration dans les territoires encore plus balisés de la pop music. En s’entourant comme de coutume des meilleurs session men des studios californiens. Ainsi, “Rit” (1981) bénéficie de la présence active de pointures inégalées : Harvey Mason (batteur mais aussi coproducteur du disque avec David Foster et Ritenour), le légendaire batteur Jeff Porcaro (dont le shuffle unique fait merveille sur le bluesy Mr. Briefcase, sans parler du groove de Good Question), le bassiste Abraham Laboriel (vous savez, le père du batteur de Paul McCartney…), le claviériste Richard Tee (Stuff, Paul Simon, Peter Gabriel…), le percussionniste Paulinho Da Costa, etc., etc. Côté songwriting, on plane dans les hautes sphères du soft rock made in west coast. Si vous êtes plus Dead Kennedys que Pages, plus Ramones qu’Al Jarreau ou plus Devo que Toto, passez votre chemin ! En revanche, si vous goûtez la pop grand luxe aux chromes rutilants avec des soli de guitare pétillants dedans, vous allez adorer. L’influence de Stevie Wonder est là (écoutez Just Tell Me Pretty Lies), et on jurerait que les Daft Punk ont écouté au moins une fois dans leur vie l’instru vocodérisé Countdown (Captain Fingers) – les thuriféraires de Guy-Manuel des insécables Homem-Cristo et Thomas Bangalter oublient souvent de rappeler que dans la collection des deux apôtres de la French Touch figurent des centaines de disque dont ils soupçonnent à peine l’existence. Parmi ces galettes si souvent méprisées par ces bien (mal) pensants figure forcément – on parie ? – “Rit” de Lee Ritenour, qui comporte aussi une reprise inattendue de Sly & The Family Stone (You Caught Me Smilin’) et un dernier instru funky pour la route, On The Slow Glide.

RITENOUR Lee PochetteA propos des Daft Punk, sachez que celui qui est désormais présenté comme “leur” bassiste, Nathan East (on imagine qu’il ne s’en plaint pas), joue sur le sequel “Rit 2” de 1982. Là encore, autour du même noyau dur, une ribambelle de héros de studio sont venus prêter main forte à Captain Fingers : John Robinson (Rufus, Quincy Jones, Bob James, Michael Jackson…), Richard Pages et Steve George (du groupe Pages évoqué plus haut), Alex Acuña (ex-Weather Report), Tom Scott (saxophone)… Quelques errances (Tied Up, Voices, On The Boardwalk) nous empêchent de placer “Rit 2” sur le même piédestal que “Rit”. Mais le disque passe la rampe grâce au funky Voices, à l’onirique Malibu (cordes arrangées par Johnny Mandel) et au délicat A Fantasy (avec le regretté Carlos Vega derrière les fûts).
En 1984, avant de signer pour GRP, Lee Ritenour tâtera une dernière de la pop et enregistrera l’excellent “Banded Together” avec Phil Collins, Lee Sklar, Ernie Watts, Ross Vannelli, Carlos Vega… Un disque que Charles Waring oublie curieusement de mentionner dans ses pourtant très rigoureuses liner notes. Rienne vous empêchera cependant de vous procurer cette réédition soignée du virtuose au look d’éternel figurant des Feux de l’amour.

CD “Rit & Rit 2” (Robinsongs).

Countdown c’est là !