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Rétrospective

Led Zeppelin & “Physical Graffiti” #1

C’était il y a quarante ans, le 25 février 1975. “Physical Graffiti”, le sixième (et double) album de Led Zeppelin commençait de squatter les facings des disquaires. Depuis, il ne les a jamais quitté. Jimmy Page vient d’en superviser la réédition ultime. Voyons voir ça, épisode #1.

Nous vous parlons d’un temps que les moins de vingt ans n’ont pas vraiment connu, nonobstant le retour en grâce des galettes de polychlorure de vinyle noires à deux faces percées d’un petit trou au milieu : celui où le simple fait d’investir dans un double album était un acte de mûrement réfléchi (ils coûtaient cher) et une sorte de défi. Un défi lancé au temps, qui passait déjà inexorablement, et à notre capacité à digérer plus de quatre-vingt minutes de musique, nous qui étions habitués, en temps normal (celui du 33t simple), à deux fois moins, voire à dix fois moins (les 45t). “Physical Graffiti” ! Un titre que nous avons toujours eu peur de mal orthographier : un f et deux t ou deux f et un t ? Grrr…

“Physical Graffiti” donc. Paru deux ans, ou presque, après “Houses Of The Holy”. Une éternité dans les années 1970 ! Mais bon sang, quelle belle pochette. Avant même d’écouter la chose, l’objet nous fascinait. Encore une iconic record cover comme disent nos amis d’outre-Channel. Les mecs de The Clash avaient peut-être envie de vomir rien qu’en voyant les pochettes de Led Zeppelin mais nous, on savait se tenir. Pas question de saloper le tapis de la salle à manger, là où la chaîne hi-fi des parents tournait à plein régime dès qu’il avaient le dos tourné. Pas question, non plus, de se laisser intimider par les punks à crête et les morveux new-waveux : Led Zeppelin, c’était NOTRE groupe. Mais pourquoi ressentons-nous subitement le besoin de vous parler cette vieille – et fort heureusement oubliée depuis des lustres – rivalité punk rock/dinosaur rock ?

Parce que si notre mémoire est aussi précise que nous voulons encore le croire, nous avons dû acheter “Physical Grafitti” – pardon, “Graffiti” – fin 1981, d’occasion (mais comme neuf) au Marché aux Puces de Saint-Ouen. Un peu plus de six ans, donc, après sa sortie. A cette époque, allez savoir pourquoi (nous avons notre petite idée, mais nous vous en parlerons une autre fois), un disque vieux de six ans semblait appartenir à une autre époque. Une époque lointaine pour tout dire.

Paris, 26 février 2015. Nous croyions connaître par cœur “Physical Graf…fi…ti” (ouf), mais voilà que nous le redécouvrons, une fois de plus.

Julien Ferté & Frédéric Goaty [A suivre]