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Le jour où Pierre Richard rencontra Bob Dylan

Disponible en librairie depuis le 6 mai, Je sais rien mais je dirai tout, la formidable autobiographie de Pierre Richard rédigée en compagnie de Jérémie Imbert, s’impose comme l’auto-portrait définitif d’un trésor burlesque hexagonal. Passionné de musique, féru de jazz – il a joué de la trompette avec François de Roubaix – le récit ébouriffant du comique aux yeux d’acier du Jouet et des Malheurs d’Alfred fourmille de rencontres aussi extraordinaires qu’improbables.

Bob Dylan au Pavillon de Paris 1978

Bob Dylan au Pavillon de Paris (juillet 1978)

En juillet 1978, Bob Dylan donne cinq concerts au Pavillon de Paris. Par l’entremise du producteur Albert Koski, alors époux de Danièle Thompson, Pierre Richard se retrouve un soir en coulisses pendant l’entracte. François Perrin/Pignon se retrouve dans une énorme salle où piétine une cohorte de VIPs. À l’autre extrémité de la pièce se trouve la loge de Dylan, gardée par une dizaine de vigiles. La porte s’ouvre, Bob D. apparaît et désigne aussitôt du doigt le grand blond. Incompréhension totale du comédien et de l’assistance, puis la haie de vigiles s’écarte « comme la Mer rouge devant Moïse ». À l’intérieur de la loge, Dylan sourit (!!!!) et engage la conversation. « Bob me dit combien il a aimé The Tall Blond With One Black Shoe, et voilà qu’il discute avec moi comme si nous étions copains depuis des lustres », se souvient Pierre Richard dans Je sais rien mais je dirai tout. L’entracte est sur le point de s’achever lorsque Dylan interpelle une tierce personne dans la loge. Martin Scorsese se matérialise aussitôt et tend la main au comédien. Le barde, le distrait et l’affranchi réunis dans la même pièce !

Pierre Richard livre« J’ai revu Dylan à Nice pendant le tournage du Jumeau », raconte Pierre Richard à Jérémie Imbert pour Muziq. « Je suis allé à la sortie du concert (au Stade de l’Ouest, le 17 juin 1984 ndr.), et j’ai fait prévenir Dylan que j’étais là. Dix minutes après, le mec a dit « Suivez-moi ». Dylan avait donné des consignes, si bien que j’ai assisté au concert depuis les coulisses assis sur une chaise. Dylan m’aimait bien. Après, il m’a remercié d’être venu et m’a dit au revoir. Je l’ai vu une troisième fois dans un hôtel de la porte de Versailles. Il devait faire de la natation tous les jours pour son dos et on a pris un verre ensemble. »

François Perrin a serré la main de Robert Zimmerman. L’auteur-compositeur de Like a Rolling Stone et Blowin’ in the Wind a vu Le grand blond avec une chaussure noire. Le champ des possibilités s’ouvre sur l’infini.

Pierre Richard avec Jérémie Imbert Je sais rien mais je dirai tout (Flammarion, 344 pages – 21 €). Disponible en librairies. Plus d’infos sur CinéComédies