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La musique de Prince célébrée au Réservoir

Ce fut une belle soirée, joyeuse, émouvante, dansante, amicale, fraternelle, digne d’un aftershow façon Prince, organisée de main de maître par Raphaël Melki et Jean-Michel Sekroun. Jusqu’à une heure du matin, au bar, à table, sur le dance floor ou devant la scène, le ballet des bras levés et des smartphones toujours prêts à saisir l’instant était rythmé par les reprises inventives de Dom Briki et son Hybridoscope, l’harmonica de feu de Frédéric Yonnet et les platines made in Minneapolis de DJ Dudley D.

Hélas, à peine sortis du Réservoir, nous découvrîmes que l’horreur avait encore frappé, à Nice cette fois. À Nice, où Prince a tourné à l’automne 1985 son charmant et désuet mélo Under The Cherry Moon. À Nice, encore, où il donna à la même époque un concert impromptu avec The Revolution resté dans la mémoire de celles et ceux qui avaient eu la chance d’y assister. À Nice, aussi, où depuis 1948 la ville peut s’enorgueillir d’être la première au monde à avoir accueilli un festival de jazz, dont l’édition 2016, qui devait se tenir du 16 au 20 juillet, vient hélas d’être annulée.

En composant les chansons de la bande originale d’Under The Cherry Moon, Prince avait-il réalisé que le titre de l’une d’entre elles, Life Can Be So Nice, pouvait avoir un double sens ?
Life Can Be So Nice, encore heureux, mais en un atroce coup de volant, la vie peut tourner à la tragédie. Putain de camion.

Dom Briki et son Hybridoscope, Raphaël Melki et Frédéric Yonnet.

Dom Briki et son Hybridoscope, Raphaël Melki et Frédéric Yonnet.

Tout en ayant une pensée émue pour les familles des si nombreuses victimes de cet attentat, nous essaierons de garder en nous les précieux instants de bonheur léger qui ont émaillé la belle soirée du Réservoir : la set list concoctée par l’étonnant bassiste et chanteur Dom Briki et son Hybridoscope (aucun tube, ou presque, majoritairement des pépites que seuls les real music lovers chérissent, de Judas Smile à Extralovable en passant par, oui, Life Can Be So Nice), les solos brûlants de blues, de groove et de swing de Frédéric Yonnet (pas près d’oublier cette citation de Summertime au beau milieu de Sign Of The Times…) et d’autre pépites, encore, savamment enchaînées par DJ Dudley D, venu spécialement de la ville natale de Prince pour faire danser son monde (DJ Dudley D était de la portion européenne de la tournée “One Nite Alone…” de 2002).

Hier soir, une fois de plus, la mort rôdait dans l’Hexagone. Au Réservoir, on célébrait l’amour de la musique de Prince. C’est en continuant coûte que coûte de célébrer ainsi la beauté que, tout simplement, on pourra continuer à vivre.
Merci à Raphy et à JMR de nous avoir, quelques heures durant, permis d’être heureux en pensant à l’un des grands disparus de 2016.

Net schkopi.com

PS : Sur la photo d’ouverture, Dom Briki et son Hybridoscope, le guitariste Antoine Lassus et l’harmoniciste de Frédéric Yonnet (Prince, Stevie Wonder…)