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Joe Jackson olympique à l’Olympia

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Joe Jackson était de retour le 18 février sur la scène de l’Olympia pour présenter l’excellent Fast Forward paru l’an dernier. Compte-rendu en trois reprises.

JOE-JACKSON_3197990467761576133Joni Mitchell « Big Yellow Taxi »
« J’ai essayé d’imaginer que Joni Mitchell n’était pas une guitariste canadienne, mais une pianiste de la Nouvelle-Orléans », commente Joe Jackson dans un français parfait en annonçant le quatrième titre de sa setlist, une épatante reprise en solo de « Big Yellow Taxi », direction Saskatoon via Tipitina. De retour à l’Olympia trois ans après un sensationnel hommage en big-band à Duke Ellington, le géant albino proposait jeudi soir la transposition scénique de Fast Forward, un des meilleurs albums de 2015 paru dans une relative discrétion. À ses côtés, un trio dans lequel on retrouve l’incontournable Graham Maby, sosie post-ado de Lenny Kaye et ancre inamovible des albums de Joe Jackson depuis Look Sharp! (1979). Doug Yowell (à ne pas confondre avec son homonyme oral du Velvet Underground) officie derrière les fûts. À la guitare, Teddy Kumpel, déjà entendu aux côtés de Rickie Lee Jones, Feist et Nine Inch Nails.

David Bowie « Scary Monsters (and Super Creeps) »
Ce soir, Joe Jackson a la crève. Après s’être excusé auprès d’un public cueilli par une lumineuse introduction du concert en piano solo, puis l’irruption progressive du groupe sur « Is She Really Going Out With Him ? », il saisit son pork-pie hat posé sur son combo piano/claviers et tire au sort une nouvelle reprise. Grand amateur de l’exercice -on se souvient d’un très beau « Girl » des Beatles au Bataclan- Joe Jackson choisit cette fois un titre de David Bowie. La version de « Scary Monsters (and Super Creeps) » qui s’ensuit opère une déconstruction dada du missile téléguidé en 1980 par Robert Fripp, avec ses couplets grunge et un refrain opératique théâtralisé par un JJ hilare. Une bonne humeur qui transpire immédiatement sur le skank jubilatoire de « Sunday Papers », un des nombreux pics d’un répertoire de 21 titres où les compositions récentes s’impriment avec fluidité dans les plus célèbres pages du catalogue (« You Can’t Get What You Want (Till You Know What You Want) », « One More Time », « In Another World »…).

Television « See No Evil »
Enregistré entre New York, Berlin, Amsterdam et la Nouvelle-Orléans, Fast Forward, intègre également sa propre citation: « See No Evil », la première plage du cultisme Marquee Moon, ravive le riff mathématique de Tom Verlaine en premier rappel. Quelques minutes plus tôt, Joe Jackson et son super-trio avaient aussi procédé à une autre métamorphose en expédiant les trépidations urbaines de « Steppin’ Out » dans l’apesanteur d’une paisible marche lunaire. Au bout d’une heure et 45 minutes de concert, au terme d’une « Slow Song » conclue par le départ progressif de ses accompagnateurs, Joe Jackson salue l’auditoire en solitaire. Épuisé mais heureux. Olympique à l’Olympia.

Setlist
1. It’s Different For Girls
2. Home Town
3. Be My Number Two
4. Big Yellow Taxi
5. Fast Forward
6. Is She Really Going Out With Him?
7. Real Men
8. You Can’t Get What You Want (Till You Know What You Want)
9. If It Wasn’t for You
10. Kings of the City
11. A Little Smile
12. In Another World
13. The Blue Time
14. Scary Monsters (and Super Creeps)
15. Sunday Papers
16. Keep On Dreaming
17. Ode to Joy
18. Steppin’ Out
19. See No Evil
20. One More Time
21. A Slow Song