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Jacques Gamblin, Laurent de Wilde : beat (re)generation

Gamblin de Wilde 2

Deux semaines durant, au Théâtre du Rond-Point (Paris 8e), l’acteur Jacques Gamblin, accompagné par le sextette de Laurent de Wilde, a joué “Ce que le djazz fait à ma jambe”. C’était bien.

Jacques Gamblin a les mots pour le dire. Pour dire quoi ? Son amour du jazz ? Mieux que ça : son amour de la musique, du rythme de la musique, de la musique du rythme. Jacques Gamblin n’arrête pas de bouger, de courir, de danser, de tomber. Il a du punch, il est drôle, et sa performance est celle d’un acteur en marche, elle est avant tout physique : sensuelle. Comme celle d’un jazzman justement. Mais ce qu’il y a de bien avec Gamblin, c’est qu’il ne se prend pas une seule seconde pour un poète – à la limite, on aurait même préféré qu’il ne nomme pas « Lady Jazz » son amour presqu’impossible). Il ne se vautre pas dans le djaaaaazzz et cherche moins à faire swinguer ses mots qu’à les faire sonner, aidé dans sa quête par le sextette volontiers funky de Laurent de Wilde, qui fait pulser sa syntaxe, qui brasse sa belle moisson de mots-son.

Jacques Gamblin ne se fait pas plaisir : il nous fait plaisir. Nous n’étions pas au théâtre l’autre soir (mardi 27 octobre), mais bien à un concert du sextette de Laurent de Wilde, dont le guest soloist était un monsieur 100 000 volts qui, en tous sens, jouait avec lui, s’autorisant au gré de ses chorus littéraires des citations de Mezz Mezzrow, de Langston Hughes (Bop) ou d’Herbie Hancock (une interview culte).
Ainsi, Jacques Gamblin, sans prendre la pose djaaaaazzz, a retrouvé et réincarné l’esprit des écrivains-musiciens qui, jadis, prenaient aux mots les meilleurs improvisateurs de la jazz scene de Greenwich Village (certes, je ne vivais pas à New York dans les fifties et les sixties, mais grâce à Gamblin, j’ai l’impression d’avoir retrouvé des souvenirs imaginaires).
Oui, on a vraiment aimé ce que le djazz a fait à la djambe de Djacques. Et pourquoi ce spectacle, né à Djazz Sous Les Pommiers (Coutances représente), ne pourrait-il pas “ouvrir” un concert d’Herbie Hancock, de Chick Corea ou de je ne sais quelle pointure sur la scène d’un big festoche d’été ? Hein, dites-moi ? A bientôt j’espère.

Jacques Gamblin (mots), Laurent de Wilde (piano, arrangements, direction musicale), Alex Tassel (bugle), Guillaume Naturel (saxophone ténor), Jérôme Regard (contrebasse), Donald Kontomanou (batterie), DJ Alea (Platines).

Gamblin de Wilde 1