Muziq, le site qui aime les mêmes musiques que vous
Ciné Muziq

« Elvis & Nixon », le jour où le King rencontra le Boss

17elvisnixon1-master675-v2

Une comédie pop sur la rencontre hallucinogène (mais bien réelle) d’Elvis Presley et de Richard Nixon en décembre 1970.

« Cher Mr. le Président. Je tiens d’abord à me présenter. Je suis Elvis Presley, je vous admire et j’ai un grand respect pour votre institution. » À l’aube du 20 décembre 1970, Elvis embarque incognito dans le vol Memphis-Washington et rédige à main levée une missive hallucinogène de six à Richard Nixon, le président des États-Unis. Son but : obtenir un badge du FBI et le titre « d’agent secret autonome » afin d’infiltrer le milieu underground d’une Amérique gangrénée par les dealers, les hippies et ces satanés communistes.

120157Réalisé par Liza Johnson, Elvis & Nixon propose une plongée fictive dans les coulisses de la rencontre improbable, mais bien réelle, entre le Roi du rock’n’roll et le boss du monde libre. Le ton est celui d’une comédie pop entraînée par un duo de haute volée : Dans le rôle du King, Michael Shannon, l’acteur fétiche de Jeff Nichols (Take Shelter, Midnight Special), ajuste avec aplomb et nonchalance les fameuses Ray-Ban siglées EP, même si son brushing corbeau le fait davantage ressembler à Yvan Le Bolloch qu’à Elvis Aaron. Face à lui, Kevin Spacey, abonné aux rôles de politiciens anxiogènes depuis House of Cards, campe Nixon avec un minimum d’effets (sourcils hirsutes et scoliose aigüe). Les membres de la Memphis Mafia, les hommes de l’ombre, valets et compagnons de virée d’Elvis, sont interprétés par Alex Pettyfer (dans le rôle de Jerry Schilling) et Johnny Knoxville, le masochiste en chef de Jackass.

 

elvis-and-nixon-historicalAccompagné par une bande-son ambiance Stax 67-70 (Sam and Dave, Otis Redding, Rufus Thomas…) et un script alerte, le climax d’Elvis & Nixon imagine avec jubilation le meet and greet surréaliste des deux icônes de l’Amérique des années 1960. Elvis s’est-il introduit dans la Maison blanche avec un calibre planqué dans sa botte ? A-t-il réellement déversé sa haine des Beatles face au futur instigateur du Watergate ? Le King a-t-il sifflé toutes les noix de cajou et le Dr. Pepper du Président ? Restent les faits : si aucune trace audio n’a immortalisé la conversation – les discussions du bureau ovale ne seront enregistrées qu’à partir de l’année suivante – Elvis a obtenu son badge d’agent fédéral et un Nixon en quête de popularité auprès de la jeunesse américaine (et de l’électorat du Sud) a bien eu sa photo, comme l’atteste le cliché le plus populaire de l’histoire des archives de la Maison blanche. Quatre ans plus tard, Nixon allait tomber de son fauteuil présidentiel, mais Elvis avait déjà quitté le building (et sa santé mentale) depuis bien longtemps.

Elvis & Nixon réalisé par Liza Johnson. En salles le 20 juillet.