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Jazz

Eivind Aarset, mieux guitare que jamais

 

C’est dans “Khmer”, le premier disque du trompettiste norvégien Nils Petter Molvær, que l’on découvrit en 1997 son compatriote Eivind Aarset. Dix-neuf ans plus tard, ce singulier guitariste s’est construit son propre univers musical. “I.E”, son nouveau cd, est paru il y a quelques mois sur Jazzland, et il vient de tourner avec Andy Sheppard et Michel Benita.

AARSET Eivind Caterina di Perri jpgEn 1973, Eivin Aarset, alors âgé de 12 ans, découvre Jimi Hendrix. La musique du Voodoo Child lui donne instantanément envie de jouer de la guitare. Dans la foulée, il se met à écouter non moins passionnément Deep Purple, Black Sabbath, Santana et Pink Floyd. Puis il se passionne pour Miles Davis, le Mahavishnu Orchestra, Weather Report, Return To Forever et deux des musiciens emblématiques du “son ECM” : le saxophoniste Jan Garbarek et son compatriote le guitariste Terje Rypdal.
Membre d’un groupe de heavy metal, guitariste de studio, accompagnateur de stars – dont Ray Charles et Dee Dee Bridgewater ! –, il passe les années 1980 et 1990 à l’ombre des sunlights. À la fin des nineties, outre sa participation décisive à “Khmer” de Nils Petter Molvær, il publie son premier album, “Electronique Noire” (1998), sur le label norvégien qui monte, Jazzland, refuge des créateurs les plus originaux de la nouvelle scène jazz norvégienne – qui sera vité labélisée nu jazz.

Dès lors, son jeu de guitare unique fera discrètement-mais-intensément merveille sur plusieurs disques essentiels : “Cartography” (ECM, 2009) et “Places Of Worship” (Rune Grammofon, 2013) d’Arve Henriksen, Last Night The Moon Came Dropping Its Clothes In The Street” de Jon Hassell (ECM, 2009), “Ethics” (Zig Zag Territoires, 2010) et “River Silver” (ECM, 2016) de Michel Benita, “Uncommon Deities” (Samadhi Sounds, 2012) de Jan Bang et Erik Honoré (deux sound designers avec lesquels il collabore régulièrement et joue chaque année au Punkt Festival de Kristiansand) et “A Victim Of Stars 1982-2012” (Virgin, 2012) de David Sylvian, pour un seul titre, l’époustouflant Where’s Your Gravity ?, sur lequel jouent aussi Henriksen, Bang et Honoré.

AARSET Eivind PochetteAvec “I.E.”, Eivind Aarset concentre tout ce que l’on a aimé dans ses précédents disques : riffs chirurgicaux, lyrisme électrique hérité des seventies, onirisme électronique typique du début du XXIe siècle, longues plages méditatives (Sakte, Return To Her Home) parfois ponctuées d’envolées prog-jazz (Wanderlust, They’ll Be Asked Nothing, Through Clogged Streets, Passed Rotten Buildings et le magnifique One And The Same). Un disque aussi important qu’“Electronique Noire”, par un artiste qu’on aimerait beaucoup voir jouer en France avec son groupe.

CD “I.E” (Jazzland Recordings)
NET eivindaarset.com