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Dee Dee Bridgewater salue La Nouvelle-Orléans

Dee Dee Bridgewater rend hommage à La Nouvelle-Orléans avec Dee Dee’s Feathers, un « truc en plumes » réalisé en compagnie d’Irvin Mayfield, Dr. John et Bill Summers des Headhunters.

Dee-Dees-Feathers

 

Muziq : Quelle est l’origine de Dee Dee’s Feathers, votre nouvel hommage à la Nouvelle-Orléans ?
Dee Dee Bridgewater :  cet album est arrivé un peu par hasard. Je travaille avec Irvin Mayfield et le New Orleans Jazz Orchestra depuis quatre ans. On a donné plusieurs concerts en grande et en petite formation. The New Orleans Jazz Market, le premier centre de jazz de la Nouvelle-Orléans, a été crée durant cette période et pour l’ouverture de ce centre, j’ai eu l’idée d’enregistrer un album qu’on pourrait mettre sur place dans les bacs. Nous avons choisi les titres avec Irvin, qui m’a présenté des classiques comme Big Chief, St James Infirmary et le générique de Treme, que je connaissais via la série TV. Pendant l’enregistrement de Dee Dee’s Feathers et après avoir réécouté l’album, je me suis rendue compte qu’il représentait bien plus que ce que j’avais imaginé et j’ai eu envie de le sortir de manière plus commerciale.

Comment avez-vous rencontré Irvin Mayfield ?
Un jour, Irvin m’a demandé de participer à un concert. Il m’a envoyé quelques MP3, je les ai écoutés et je me suis dit pourquoi pas ? Irvin est un excellent trompettiste et un jeune « entrepreneur » de 36 ans, il est très intelligent, très charmant. C’est aussi quelqu’un qui m’impressionne énormément et j’aime beaucoup tout ce qu’il fait pour la communauté de la Nouvelle-Orléans. Il est très engagé, il enseigne aussi et il possède un club de jazz, la Jazz Playhouse, dans le quartier français.

De quelle manière s’est déroulé l’enregistrement de Dee Dee’s Feathers ?
Dee Dee’s Feathers a été enregistré dans une vieille église, un lieu magnifique qui avait été détruit par l’ouragan Katrina avant d’être reconstruit par la personne qui a effectué le mixage et le mastering de l’album. Tous les éléments de ce disque ont été pris en charge par les gens de la Nouvelle-Orléans. Lorsqu’on a décidé de le sortir de façon commerciale, j’ai insisté pour que tout le monde soit originaire de la ville. Lors de l’enregistrement, il y avait une telle joie en travaillant sur ces titres et ces arrangements avec l’orchestre qu’on se serait crus à une fête. De plus, cette sortie tombe juste pour le dixième anniversaire de l’ouragan Katrina. Pour Irvin, c’était une façon de montrer que la ville s’est remise debout. Cet album célèbre la renaissance de la Nouvelle-Orléans. L’office de tourisme va également soutenir l’album et les concerts à venir.

On retrouve quelques invités sur Dee Dee’s Feathers, dont Dr. John qui reprend Big Chief et Bill Summers, l’ancien back of case-CDT100_outpercussionniste des Headhunters.
Bill Summers vit à la Nouvelle-Orléans et c’est un ami d’Irvin. De mon côté, je le connais depuis les années 1970, on s’est beaucoup croisés à New York. Dr. John avait remporté un grand succès avec sa reprise de Big Chief. On est amis et on a déjà travaillé ensemble sur quatre ou cinq grands concerts aux États-Unis et nous avons aussi enregistré une chanson pour un film qui sortira à la fin de l’année. Je l’ai appelé la veille de la session de Big Chief, il a accepté de venir au studio et l’enregistrement n’a pas duré plus d’une heure.

Que représente pour vous la Nouvelle-Orléans ?
La Nouvelle-Orléans est le berceau du jazz, c’est là que l’histoire du jazz a commencé avec Louis Armstrong, Sidney Bechet et tous ceux qui viennent de cette ville. Il y a aussi toute la magie de l’histoire entre la Nouvelle-Orléans et la France. Ma première visite remonte à 1996, l’année où on m’avait invitée au festival Jazz Heritage. J’y retourne beaucoup depuis quatre ans et je me sens toujours bien quand je vais là-bas.

De quelle manière allez-vous adapter Dee Dee’s Feathers sur scène ?
Nous avons donné un premier concert à Cape Town, en Afrique du Sud, le 28 mars. C’était un moment incroyable. Il y avait 8000 personnes et c’était magique. En septembre, nous allons jouer à Paris, à L’Olympia, et nous allons venir avec beaucoup de gens de la Nouvelle-Orléans et ce sera une grande fête.

 

Dee Dee Bridgewater Dee Dee’s Feathers (Okeh/Sony Music). Disponible. En concert le 27 juin au Festival Jazz à Vienne et à Paris (L’Olympia) le 23 septembre.