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Dam-Funk, Monsieur Groove

Six ans après “Toeachizown”, ce maître des claviers doublé d’un esthète des boîtes à rythmes revient avec l’épatant “Invite The Light”, nouvel opus aux allures de manifeste rétro-futuriste pour un funk au groove hypnotique et généreux.

DAM FUNK Clip & JCAprès tout, ce n’est pas si compliqué le funk, ce « blues heureux » comme dirait Bootsy Collins, un gars qui sait de quoi il parle. Tout repose sur le groove ! Au fait, c’est quoi le groove ? Ça veut dire quoi groover, to groove ? Dans le jargon jazz (« Jazz is the teacher, funk is the preacher », n’oubliez jamais), ça veut dire swinguer, veiller à donner un caractère rebondissant et entraînant à la musique, qui doit bien sûr inviter à la danse. Au moment où j’écris ces lignes, “Invite The Light” passe en boucle dans mon bureau. Autant vous l’avouer : mon statut d’humble et modeste expert ès-multivers du groove (hé oui, le groove traverse plusieurs univers…), mon ancienneté et mon patronyme m’ont permis de recevoir ce CD à mon adresse personnelle dès le début du mois de juillet. Résultat ? Telle la cigale ayant dansé tout l’été, je me suis trouvé fort bien pourvu quand la bise est venue : pas un seul petit morceau à jeter, rien que du premier choix. J’étais paré pour explorer la dense flore de la jungle urbaine rêvée-réalisée par notre homme Dam-Funk, qui taille ses grooves à la machette avec certaine précision chirurgicale, comme s’il utilisait un scalpel en fait.

DAM FUNK PochetteL’impression de retourner trente ans en arrière est vive et le plaisir contagieu quand on écoute ce nouveau Dam-Funk, qui nous invite effectivement à danser en pleine lumière. Pas de lumière sans ombres cela dit. Mais elles sont rassurantes et projetées sur nos cœurs, qui n’ont jamais cessé de battre au rythme de nos héros qui, visiblement, sont aussi ceux de Dam-Funk : George Clinton et la Galaxie P-Funk au premier chef, mais aussi MTume (période  “Juicy Fruit”), Prince (mais un peu moins que dans “Toeachizown”), Slave, The Time/Morris Day, Rose Royce (souvenez-vous, “Stronger Than Ever”, Dance With MeFire In The Funk…), etc., etc. Les synthés crachent des bulles noires, les boîtes à rythmes sont en chaleur, les basses serpentent sous terre et font trembler le sol. C’est trop bon. Au nombre des special guests, on distinguera Q-Tip (pour quelques rimes bien senties) et Snoop Dogg, dont le flow coquin fait toujours son petit effet.
Nos favs’ ? We ContinueI’m Just Tryna Survive (In The Big City)Surveillance EscapeFloating On Air (avec Flea, le bassiste des Red Hot), HowUGonFu*kAroundAndChooseABusta? (p-funkyssime en diable), The Hunt & Murder Of LuciferJust Ease Your Mind From All Negativity (le biscuit avec le Chien Snoop) et les deux Transmissions de Junie Morrison, grande figure des Ohio Players (première époque) et cocompositeur de One Nation Under A Groove de Funkadelic (ça calme). Ses deux interventions parlées, en prélude et en postlude, nous renvoient illico presto à l’angoissante scène récurrente du Prince des Ténèbres du grand John Carpenter (cf. la photo ci-dessus : Dam-Funk dans le clip de We Continue et un extrait du film de Maître Carpenter). Et Junie dit :« If we invite the funk, it will never let us down. » Bien dit Junie.

CD / Vinyle “Invite The Light” (Stone Throws / Differ-Ant, dans les bacs le 4/9)
Net www.stonesthrow.com, https://soundcloud.com/damfunk