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Blind Willie Johnson, l’hommage

Après celui rendu à Bob Dylan (“Gotta Serve Somebody : The Gospel Songs Of Bob Dylan”), le producteur Jeffrey Gaskill s’est attelé à rendre hommage à une autre grande figure de la musique américaine, Blind Willie Johnson. “God Don’t Never Change : The Songs Of Blind Willie Johnson” vient enfin de sortir sur le label Alligator.

GOD DON’T NEVER CHANGETom Waits, Lucinda Williams, Dereck Trucks & Susan Tedeschi, Cowboy Junkies, Blind Boys Of Alabama, Sinead O’Connor, Luther Dickinson, Maria McKee, Ricky Lee Jones : ils sont sont venus ils sont tous et ils rendent hommage au légendaire prédicateur de rues Blind Willie Johnson, qui chantait comme un bluesman, mais se distinguait par la nature sacrée de son répertoire.
Comme celle du non moins génial et plus sulfureux Robert Johnson, la musique de Blind Willie Johnson est un trésor national : entre 1927 et 1930, ce Texan devenu aveugle parce que sa belle-mère lui avait jeté du vitriol au visage (!) va graver moult chefs-d’œuvre. La puissance dramatique de sa voix et son extraordinaire jeu de guitare – il se servait d’un canif là où d’autres utilisait un bottleneck… – continuent, aujourd’hui encore, d’inspirer des artistes de renom, tels ceux réunis par Jeffrey Graskill dans “God Don’t Never Change : The Songs Of Blind Willie Johnson”. [Votre Doc doit vous avouer qu’il a découvert l’art de Blind Willie Johnson via les “piratages soniques” et autres détournements de paroles de Led Zeppelin dans les années 1970 : écoutez It’s Nobody’s Fault But Mine et vous mesurerez le pouvoir de fascination des ses chansons…]

Comme toujours avec ce genre d’hommage, quelques artistes tirent leur épingle du jeu. Lucinda Williams et Tom Waits (qui apparaissent chacun deux fois et interprétent notamment It’s Nobody’s Fault But Mine et The Soul Of A Man), Dereck Trucks & Susan Tedeschi (pour un Keep Your Lamp Trimmed And Burning vraiment superbe, et très rootsy) et Ricky Lee Jones (comme possédée dans Dark Was The Night, Cold Was The Ground). Spécial bonus : un livret de vingt pages joliment mis en page et savant comme tout (texte de Michael Corcoran).

CD “God Don’t Never Change : The Songs Of Blind Willie Johnson” (Alligator)