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“Black Messiah” de D’Angelo, le collector made in Japan

À l’occasion de la récente tournée japonaise de D’Angelo And The Vanguard, “Black Messiah” a été réédité au Pays du Soleil Levant avec un cd bonus live enregistré dans les locaux du site de streaming Spotify. Et un bandana.

On le sait, les music lovers nippons restent profondément attachés au disque “physique” (joyeux pléonasme s’il en est puisque s’il n’est plus “physique”, un disque n’est plus tout à fait un disque mais une somme de fichiers informatiques). Et pour favoriser les ventes de cd made in Japan, des bonus tracks sont souvent ajoutés en exclusivité.
Voilà pourquoi – et l’on ne parle même pas de la qualité des pressages et du charme de l’obi strip… – les music lovers du reste du monde guettent toujours avec certaine fébrilité les “imports japonais” sur les facings de leurs disquaires favoris (ceux du rayon soul-funk de Gibert Joseph Paris par exemple, où nous nous sommes procurés la version collector de “Black Messiah”).

DANGELO Pochette Obi StripNotre sang ne fit qu’un tour quand nous apprîmes que “Black Messiah” allait être réédité au Japon augmenté de quatre titres live (cinq en fait). Encore sous le choc du concert donné par le soulman post-moderne et son fantastique groupe The Vanguard l’été dernier au North Sea Jazz Festival (pour mémoire : D’Angelo au North Sea), il nous tardait, ne serait-ce que sur cd, de ressentir à nouveau le groove sensuel qui porte la musique de D’Angelo.

« Ladies and gentlemen, please welcome D’Angelo and the Vanguard. » Dès les premières secondes de Betray My Love, avant même que D’Angelo ne fasse tinter son falsetto cristallin et un rien canaille, on se sent instantanément porté par la pulsation pneumatique de messieurs Pino Palladino et Chris “Daddy’ Dave – le nom des musiciens n’est pas précisé dans le livret, mais le doute n’est pas permis.
Betray My Heart est enchaîné avec le swinguissime Spanish Joint, l’un des joyaux de “Voodoo”. Les harmonies vocales, autre marque de fabrique maison, procurent leur lot de frissons.
Le timbre diaphane de “D’” fait encore merveille sur la ballade hispanisante Really Love (qui, allez savoir pourquoi, nous donne furieusement envie de réécouter “Sketches Of Spain” de Miles Davis), drapée dans ses voluptueux arrangements de cordes.
DANGELO PhotoJuste après la love song gospellisante et guillerette The Door (on adore le solo de violon), D’Angelo se lance dans l’une de ses reprises favorites, She’s Always In My Hair, face b princière de 1985 peu à peu passée au rang de purple classic. Le groupe appuie sur la pédale rock, et D’Angelo fait son Fregoli-chanteur, zappant avec aisance entre timbre nasty-nasillard et falsetto aérien. Sans oublier de pousser quelques « yyyyyiiiiaaaaaah iyeeeeeaaaah iyaaaah… » renvoyant directement à l’époque où le “cri princier” était quasiment un modèle déposé.
Attention : comme tous les cd made in Japan, “Black Messiah” est en édition limité !
Est-ce que les paroles sont dans le livret ? Of course !
Est-ce que le bandana existe en plusieurs-tailles ? Non !

CD “Black Messiah” (RCA Records / Import Japon).

Le track listing du CD 2 :
Betray My Heart / Spanish Joint
Really Love
The Door
She’s Always In My Hair