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Classiq Jazz

Billy Cobham, initiales B.C.

En attendant que Sony Music publie (croisons les doigts) les quatre albums Columbia de Billy Cobham sur le modèle du récent coffret “The Atlantic Years 1973-1978” (loué sur ce site et dans Jazz Magazine), l’indispensable label Wounded Bird Records vient de rééditer “B.C.”.

Avec “Magic” (1977), “Simplicity Of Expression – Depth Of Tought” (1978) et le projet collectif “Alivemutherforya” (1978), “B.C.” est l’un des quatre 33-tours enregistrés par le batteur panaméen pour Columbia. “Magic” et “Alivemutherforya” ont déjà été réédités en cd séparément il y a une dizaine d’années (collectors mes amis !) ; “Simplicity Of Expression – Depth Of Tought” aussi, mais seulement couplé avec “Magic” (re-collectors mes amis !). Seul “B.C.” n’avait jamais été publié en cd, et c’est donc l’un des labels favoris des real music lovers, Wounded Bird Records, qui s’y colle enfin.

COBHAM PochetteSoyons clairs : “B.C.” n’est pas un disque aussi essentiel que “Spectrum”, “Crosswinds” ou “Life & Times” mais, en même temps, son contenu n’a strictement rien à voir. Car excepté le sempiternel (et éprouvant) drum solo du patron, Vlastar – An Encounter, c’est party time à tous les étages, grooves discoïdes, violons du bal et vocaux chantilly (quelque part entre Gap Band et le Big Bazar de Michel Fugain).
Produit par un Crusader en goguette, Wayne Henderson (ce qui explique la présence de Nathaniel Phillips, le bassiste de son groupe protégé, Pleasure), “B.C.” est un album à prendre avec des pincettes, voire au second degré. On raconte que la Police du Jazz-Rock, le croyant définitivement perdu, avait lancé un avis de recherche international pour Cobham ! (Rappelons qu’à la même époque, un autre maître du drumming du fusion, Lenny White, explorait lui aussi les arcanes du groove dansant à la tête de son combo Twennynine.)

“B.C.” réflète-t-il le manque d’inspiration du batteur ou, plus prosaïquement, sa volonté de toucher un public plus large, majoritairement recruté sur les dance floors de la Planète Musique ? Un fan inconditionnel du Mahavishnu Orchestra ne choisira sans doute pas de répondre de la même manière qu’un fondu des Commodores… Quoi qu’il en soit, “B.C.” recèle une petite pépite, Bring Up The House Light, jam funky proto-rap drivée par la tchatche du MC Billy Cobham (hilare) et de son copain George Duke – d’où la teneur très Reach For It / Dukey Stick de l’affaire. Rien que pour ça…

CD “B.C.” (Wounded Bird Records / Import USA). Le cd contient la version maxi 45-tours de What Is Your Fantasy.