Muziq, le site qui aime les mêmes musiques que vous
Muziq News

Anderson .Paak : un “Malibu” à consommer sans modération

Haut de forme emplumé, blouson de cuir so chic, short à carreaux : Anderson .Paak ne se distingue pas seulement par son look rétro-bobo bigarré, mais aussi par sa soul music futuriste et kaléïdoscopique. On n’arrive pas à décoller de son second opus, “Malibu”. c’est grave docteur ?

PAAK Photo 2Votre bon vieux Doc ne passant pas le plus clair de son temps à surfer sur la toile, le phénomène Anderson .Paak lui avait échappé. C’est donc par l’entremise d’un vieil ami, fin limier bien connu de nos services – il se reconnaîtra – et grand pourvoyeur de textos-détecteurs de talents qu’il a pris connaissance de l’existence de ce jeune homme. Thanks Bro…

Pour tout dire, la première écoute – qui n’est quasiment jamais la bonne – m’a perturbé. Allez savoir pourquoi, il me semblait entr’ouïr toutes les deux minutes l’influence Kendrick Lamar. Pourquoi ? Parce que “To Pimp A Butterfly” m’obsède, c’est vrai, mais aussi parce que le timbre de voix du jeune Anderson, un brin nasillard et éraillé comme il faut, fait (irrémé)diablement songer à celui du nouveau génie de l’afro-musique américaine. De plus, Mister .Paak, s’il est avant tout chanteur soul, ne dédaigne pas claquer quelques rimes en adoptant un flot de rappeur qui, là encore, nous rapelle celui de Lamar.
Comme moi, de ci de là, vous verrez également passer entre vos tympans les visages familiers de D’Angelo (Water Fall), André 3000 (pour la gouaille contagieuse), voire Prince (Silicon Valley) ou même John Mayer (Celebrate, hit en puissance dont j’adore le refrain, « So let’s celebrate, while we still can »)

PAAK PochetteMais passées plusieurs écoutes, la (très) forte personnalité d’Anderson .Paak finit par faire passer au second plan le richissime univers référentiel de “Malibu”. Produit par l’intéressé lui-même et quelques guest producers de renom (Madlib, Hi-Tek…), c’est un album homogène, pas une hasardeuse volée de chansons saucissonnables sous forme de fichier informatique. Avec ses allures de collage psychédélique, la pochette reflète d’ailleurs parfaitemet le contenu : métissé et coloré.

Soul, funk, pop, electro, hip-hop… : “Malibu” est le jubilatoire opus polystyle d’un artiste dont on n’a certainement pas fini de chanter les louanges. Il me tarde de voir si ce jeune surdoué est aussi impressionnant sur scène qu’entre les quatre murs d’un studio.
Malgré tout, 2016 commence bien. Et encore [attention, spoiler], vous n’avez pas encore entendu le nouveau cd d’Esperanza Spalding !
Pardonnez-moi, mais j’ai furieusement envie de shake my booty : Am I Wrong est en train de passer… En l’écoutant, vous n’aurez à votre tour qu’une seule envie : me rejoindre sur le dance floor !

CD “Malibu” (Steel Wool / Mudulor)
Concert Le 24 février à Paris (La Belleviloise)