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Classiq Rock

1, 2, 3, 4 : le coffret Anniversaire Deluxe du premier album des Ramones !

Les Ramones font désormais partie du panthéon de l’histoire du rock (aux Etats-Unis, on appelle ça le Rock & Roll Hall of Fame). Leur premier album éponyme vient d’être réédité façon “40th Anniversary Deluxe Edition” : trois cd + un vinyle + un livret. And now you wanna sniff some glue ?!

Aujourd’hui, les t-shirt des Ramones, d’AC / DC ou de Motörhead sont aussi fashion que ceux de Bowie. Les kids de banlieue et les lolitas du Marais en portent. Mais sont-ils vraiment tous fans de Joey, Angus et Lemmy ? Voire… L’image, les pochettes et les logos de ces groupes certifiés cultes exercent un pouvoir d’attraction aussi fort que leur musique. Et comme un t-shirt fabriqué en Chine coûte moins cher qu’un vinyle 180grs…

Malgré tout, les Ramones n’ont jamais été perçus comme AC / DC ou Motörhead. D’emblée, ils ont eu un petit côté branché, limite arty, malgré leurs allures de vrais-faux crétins à la vue basse et au perfecto-seconde peau. Les Ramones n’étaient pas des hard-rockeux mais des punks. Des punks américains en plus. Et new-yorkais qui plus est. Sortis du bitume au même moment que Talking Heads, Blondie et Television. Il y avait comme un mouvement qui les portait, une rumeur persistante, l’énergie d’une ville qui ne dort jamais, dont les lofts bruissaient de free jazz et qui n’allait pas tarder à donner naissance au hip-hop.

Les Ramones, beaux comme un camion. (Collection Danny Fields)

Les Ramones, beaux comme un camion. (Collection Danny Fields)

Confession : je n’ai jamais eu d’autres albums des Ramones que leur premier. Ne m’en voulez pas. Il suffit à mon bonheur. Je sais que ces garçons ont par la suite enregistré plein d’autres disques importants, mais je trouve que celui-ci a quelque chose d’unique, d’idéal, d’insurpassable. Dès la première chanson, Blitzkrieg Bop (rien à voir avec du Charlie Parker), tout y est : ce côté à la fois débraillé et finement ciselé, la voix faussement juvénile et un rien étranglée de Joey, la guitare nerveuse et vibrionnante de Johnny, la basse convulsive de Dee Dee et le tambourinage hypnotique et minimaliste de Tommy. Et ces paroles ! (Reproduites dans le livret grand format.) Une merveille. De la poésie urbaine. Sans fioriture. Anti-lyrique. Qui vaut toutes les analyses sociologiques. Enfants paumés, enfants battus, sniffeurs de colle, nazillons… Les paroles d’I Don’t Wanna Go Down To The Basement font froid dans le dos, comme celles de Today Your Love, Tomorrow The World.

RAMONES PochetteCette “40th Anniversary Deluxe Edition” devrait ravir les connaisseurs et, qui sait, tenter les néophytes (s’il ont une quarantaine d’euros à débourser). Sur les trois cd, on retrouve par ordre d’apparition : dans le cd 1, l’album original en version stéréo et en 40th Anniversary Mono Mix (réalisé pour l’occasion aux studios d’Abbey Road). La majeure partie des chansons, en version mono, est précédée du fameux « 1, 2, 3, 4 ! », fameux gimmick devenu cri de ralliement. Le cd 2 déborde de singles mixes, outtakes et autres demos. Le cd 3 nous replonge dans l’ambiance du Roxy d’Hollywood le 12 juillet 1976. Deux sets au programme. Même set list pour les deux (et puis quoi encore ?). Enfin, le vinyle s’enorgueillit de la version mono (so chic). Le livret comporte un long texte signé par le producteur du disque, Craig Leon.
Bref, toute la sauvagerie rock’n’roll, avec le confort moderne. •

PS Écoutez dans la même élan Now I Wanna Sniff Some Glue et I’m So Cute de Frank Zappa. Vous allez rire.

Coffret “Ramones – 40th Anniversary Deluxe Edition” (Sire Rhio / Warner Music, sortie le 9 / 9)